Retour de l'interview hebdomadaire de Lilou, après quelques semaines de congé forcé (non payé).
Pour son retour dans la blogosphère journalistique, Lilou a décidé d'interviewer une personnalité pour le moins étonnante, qui brille par sa discrétion et qui, pourtant, est omniprésente ces
derniers temps: Dieu.
Evoqué à plusieurs reprises par le chef de l'Etat, Il inquiète, réjouit, force à se poser des questions sur la laïcité. Morceaux choisis.
Lilou: Bonjour heu... votre Excellence? votre Grâce? Comment doit-on vous appeler?
Dieu: Je suis celui qui est. Mon nom n'a pas changé depuis la nuit des temps.
Lilou: Je vais rester sur Dieu si Vous ne m'en voulez pas. Cela sera plus facile pour moi...
Dieu: Comme vous voulez, Lilou.
Lilou: Bien. Tout d'abord, pourquoi ce retour en force dans l'actualité française, l'un des plus fervents bastions de la laïcité?
Dieu: Vaste question. Pour commencer, ce n'est pas moi qui suis revenu en force, comme vous dites, on est venu me chercher. On m'évoque, je ne m'impose
pas.
Lilou: Pourquoi maintenant?
Dieu: Il n'y a pas de réponse unique et définitive à ce sujet. Peut-être parce que les gens ont un peu perdu leurs repères. Les gens reviennent souvent à la
spiritualité en période de crise. C'est une valeur sûre. On se souvient que Dieu existe quand on ne voit plus d'issue nulle part.
Lilou: Mais quelle crise? Quels manques de repères?
Dieu: Lilou... ne voyez-vous pas que, toutes proportions gardées, des personnes qui ont cru en la doctrine économique appliquée dans les pays industrialisés
souffrent parfois autant que les personnes qui en sont exclues? Je pense à l'Afrique notamment.
Lilou: C'est pousser le bouchon un peu loin, Vous ne pensez pas?
Dieu: Regardez plutôt ce qui se passe en France. Quelle est la différence entre des caissières, qui, après 30 ans de fidélité gagnent 800€, ce qui est
insuffisant pour vivre et nourrir une famille sachant que le loyer d'un 40m² est de 800€ par mois ; et une femme africaine qui va nourrir sa famille après avoir passé des heures et des heures à
vendre des légumes au marché ? Bien sûr la femme africaine ne s'en sortira pas avec l'équivalent en numéraire des 800€, mais en valeur, ça donne à peu près la même chose, un montant insuffisant
pour être bien.
Lilou: Hmm... Votre analyse se tient. Mais dans ces cas là, pourquoi se tourner vers Vous? Pardon de Vous dire ça, mais ça n'est peut-être pas la meilleure
solution que d'espérer un miracle.
Dieu: Vous ne croyez pas aux miracles, Lilou?
Lilou: Ben heu... c'est-à-dire que... ça dépend des jours et des sujets.
Dieu: Et bien il semblerait que de nombreuses personnes soient comme vous. Chacun a un rapport différent à moi. Certains me disputent, d'autres me parlent,
d'autres encore me prient...
Lilou: Oui, mais ça ne répond pas à ma question.
Dieu: Bien sûr que si. Vous savez, les choses arrivent rarement par hasard, mais parce que d'une manière ou d'une autre, on les a suscitées ou provoquées. Ce
retour à la spiritualité résulte sûrement d'un besoin latent, qui ne dit pas son nom mais qui est bien réel. Tout autant que le retour à la morale prônée par votre Président. Sa manière de faire
n'est peut-être pas la plus habile, mais que d'adultes j'entends râler contre l'absence de cette bonne vieille morale!
Lilou: Vous entendez donc toutes nos contradictions?
Dieu: Oui.
Lilou: Et Vous ne nous jugez pas indignes pour autant?
Dieu: Non.
Lilou: Pourquoi?
Dieu: Parce que chaque âme qui est sur cette terre, et je ne fais pas de prosélytisme! Chaque âme a une valeur immense à mes yeux. Et quand bien même vous
faites des erreurs, vous n'en êtes pas moins des humains, des pères, des mères, des hommes et des femmes aimants... Et juste pour ça, je pense que chacun de vous "vaut la peine".
Lilou: Whaou! Je ne pense pas que je penserai comme Vous à votre place.
Dieu: Vous pensez comme moi, Lilou. Sans ça, vous vous seriez déjà retirée de ce monde. Si vous y êtes toujours, comme la plupart des gens, c'est parce que
vous pensez que malgré les vicissitudes, la vie vaut d'être vécue. Et si vous voulez savoir, vous avez bien raison. Surpassez-vous, continuez à avancer, en persévérant, vous trouverez forcément
les réponses à vos questions.
Dieu n'est, me dit-on, pas fan des séances photos. Respectant son choix, je n'en mettrais pas sur cette interview ;-)